Le manoir de Kermadoué

En gras, les noms des propriétaires avérés de la seigneurie et de leurs conjoints apparaissant pour la première fois dans le texte.

Le manoir de Kermadezoae est cité  dans le dictionnaire d’Ogée, (Baptiste Ogée, ingénieur géographe français 1728-1789), il faisait partie des neuf manoirs recensés à Trégunc en l’an 1420. La réformation de 1426 nous donne le nom du seigneur du lieu, Hervé Kerhermen, seigneur du dit manoir à Névez (aujourd’hui Kermen) son métayer à Kermadoué est Jehan Scazre1.

Une centaine d’années plus tard2 nous trouvons Kermadoué aux mains deJean Penlan seigneur de Croassongar (Trégunc) , ce dernier est aussi le seigneur de Kerhermen, ceci nous amène à penser qu’il pourrait bien en être l’héritier, il apparaît également dans des aveux datés de 15403 et 15434. Jean Penlan est propriétaire d’autres biens à Trégunc, Névez, Lanriec et Beuzec-Conq, il est présent à la Montre générale de Cornouaille du 26 avril 1554, un membre de sa famille, Charles Penlan y représente son beau-frère, le seigneur de Kerminaouët5 Yvon Le Louch.

Armes de la seigneurie de Kermadoué

Les armes de la seigneurie de Kermadoué, “d’argent au laurier de sinople au merle d’argent perché”. Sur le linteau de la principale cheminée du manoir, un écusson gravé est toujours visible, ce dernier a malheureusement été martelé à une époque indéterminée, cependant, la description des armes de la seigneurie nous sont parvenues grâce aux aveux de la seigneurie de Kerminaouët qui possédait Kermadoué depuis le XVIIe siècle. Elles correspondent possiblement aux armes de la famille Penlan.

Une part des avoirs de la famille Penlan reste dans la famille, ces biens passent en partie à la seigneurie voisine de Kerminaouët, la fille de Charles, Marie Penlan hérite d’Yvon le Louch son oncle maternel décédé vers 1558, elle se marie avec Guyomar de Tréanna (veuf de Jeanne de Benerven), ils sont alors qualifiés de seigneur et dame de Poulhoas6, Kerminaouët, Quenechcongar (Ergué Gabéric), Kermeur (Nizon) et autres lieux.

Contrairement à Kermadoué, le Kerhermen à Névez appartiendra par la suite à la famille Abhamon et une chefrente sera due sur ce manoir à la seigneurie de Kerminaouët.

Blason de la famille de Tréanna

En 16307 le manoir de Kermadoué est en possession de Marguerite de Tréannaaprès le décès de son mari Yves de Kermellec seigneur de Kerminaouët. Marguerite est l’une des filles de Guyomar de Tréanna avec Marie Penlan. Elle possède également une partie des manoirs de Poulcol et Kersalaün en Trégunc et de Penanlen en Nizon. Marguerite de Tréanna apparaît pour la dernière fois dans un acte daté de 1636.  Dans un bail à ferme du Treff en Trégunc établi en 1653, sa belle-fille, Marguerite Sallouveuve de Morice de Kermellec seigneur de Kerminaouët, habite elle aussi le manoir de Kermadoué. Ceci amène à penser que Kermadoué servait de demeure aux dames douairières de Kerminaouët (on notera que le manoir de Kerminaouët est visible de Kermadoué).

Le manoir de Kermadoué en 2012, à doite l'ancien four.
Le manoir de Kermadoué en 2012, à droite, l’ancien four.

Le petit manoir de Kermadoué reste ensuite dans le domaine de la seigneurie de Kerminaouët, il passe successivement aux familles de Toulbodou et de Derval jusqu’à la révolution ; saisi, il est racheté en 1826 à Cymphorien le Pennec, notaire à Melgven par les descendants du comte de Derval, notamment Pauline-Jeanne de Derval femme de Philippe-Balthazar de Bonnafos dont la fille prend pour époux Louis-Corentin de la Lande de Calan, leurs descendants tiennent Kerminaouët et Kermadoué tout au long du XXe siècle, soit six siècles aux mains d’une même famille.

Kermadoué d'après le cadastre de 1808
Kermadoué d’après le cadastre de 1808

D’après le cadastre de 1808 :
Le manoir se situe en haut du plan, la partie nord de celui-ci a aujourd’hui disparu. Il pouvait s’agir d’une tour contenant l’escalier.
La partie latérale ouest (en plus clair sur le plan) a été détruite il y a quelques années. On la retrouve sur les photos ci-dessous datant des années 1970.

Montage réalisé à partir des deux photos précédentes :

Manoir de Kermadoué vers 1970
Manoir de Kermadoué vers 1970

1. Réformation des feux de Bretagne de 1426,  par Hervé Torchet.

2. AD29 – A62 : aveu présenté par Toussaint du Perrien Seigneur de Brefeillac, baron de Coat-Conq. 

3. AD29 – A62 : aveu présenté par noble écuyer Bizien du Rinquier Sr du Poulguyn.

4. AD29 – A62 : aveu présenté par Anne du Quelennec dame du Stang et de Goarlot.

5. La seigneurie de Kerminaouët, blog des Amis du Patrimoine.

6. Le manoir de Poulhoas, Ma Bro 30 et 31 des Amis du Patrimoine.

7. AD29 – A62 : aveu présenté par Toussaint du Perrien Seigneur de Brefeillac, baron de Coat-Conq. 

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