Énigmatique découverte plage de Kerdalé

Les tempêtes successives de l’hiver 2025-2026 ont profondément transformé le profil des dunes sur le littoral tréguncois. Les précipitations, exceptionnellement abondantes durant cette période, ou les assauts répétés des vagues aux grandes marées ont entraîné un remplissage exceptionnel des étangs côtiers. Les trop-pleins de ces étangs se déversent vers la mer par l’intermédiaire de canaux temporaires qui pour certains s’assècheront à la belle saison. L’eau qui s’écoule creuse peu à peu un sillon plus ou moins sinueux et changeant, emportant avec elle le matériau de la dune et de la plage, s’infiltre un peu plus loin dans le sable grossier, disparaissant pour ressurgir parfois plus bas.

Des vestiges révélés par l’érosion

À proximité de ces canaux, il arrive que l’érosion révèle quelques vestiges du passé. Cette année, au bord du canal d’évacuation des eaux de l’étang de Kersalé, on observe les restes dégradés d’une structure ancienne, longs d’une douzaine de mètres, évoquant peut-être une ancienne passerelle ou un chemin. Cette structure se compose de plaques métalliques semblables à des plaques de désensablement, reliées encore pour certaines par un système de crochets. Ces plaques sont recouvertes d’un mortier grossier réalisé à partir du sable de la plage et semblent reposer par endroits sur des bases maçonnées, également réalisées de manière sommaire.

Hypothèses

Durant la période d’occupation allemande, un système de défense avait été mis en place dans le cadre du mur de l’Atlantique ; ainsi, on peut encore observer sur le littoral de nombreux blockhaus datant de cette période. Les dunes et les champs avoisinant étaient minés ; certains secteurs clôturés et interdits à la population.

Les soldats allemands auraient-ils mis en place cette structure métallique pour passer le cours d’eau intermittent évacuant l’étang de Kerdalé ? Soit pour l’installation des champs de mines, soit pour les opérations de déminage qu’ils ont accomplies en tant que prisonniers.

Avez-vous d’autres hypothèses, une connaissance des lieux autrefois ou de structures identiques, voire une explication probante, n’hésitez pas à nous laisser un commentaire ?

En savoir plus sur le déminage en 1945

Terres hostiles 1945 les dangers des mines après la seconde guerre mondiale
Déminage organisé par le ministère de la reconstruction
Document d’information général à vocation pédagogique visant à expliquer les dangers représentés par les mines laissées après la guerre et décrivant les étapes du déminage organisé par le ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme.
Juste après la seconde guerre mondiale, des millions de mines jalonnaient les côtes françaises. Pour procéder au déminage, des volontaires ont appris à connaitre les types de mines existantes, et la façon de procéder pour les dégager et les désamorcer.
Ce document didactique décrit pas à pas les étapes de ce travail de fourmi, présente le matériel du démineur, les principaux types de mines existantes et évoque les dangers du déminage.
Réalisation : Paul de Roubaix
Production : ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme / Je vois tout

image_printVersion imprimable
Partager cet article :

3 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. Au milieu des années 1960, j’avais dix ans, et je me souviens d’un camion américain muni d’une grue, positionné derrière la dune, là où se trouve le parking à vélos. Il était en panne et avait été abandonné à cet endroit. Probablement avait-il servi après guerre à charger le sable de la dune dans d’autres camions. Les plaques qui réapparaissent régulièrement ont possiblement été installées pour permettre à ce camion ou à d’autres de se déplacer sur le sable meuble.

    Autrefois, l’étang de Kerdalé recevait les eaux de l’étang de Kernouat mais ne se déversait pas dans la mer par un ruisseau. Je me souviens que, dans les années 1960-1970, les paysans vidaient l’étang de Ruat Vraz pour agrandir les surfaces à pâturer. Ils en profitaient pour récupérer les anguilles qui le peuplaient.

  2. Mon père, né a Kerdalé, se souvient que cette plage a été utilisée comme carrière d’extraction de sable, après guerre. Une pelleteuse y était installée et chargeait des camions.
    Peut être que cette installation permettait de circuler sur la plage pour le chargement…

  3. Il y a quelques temps, une dame de Kerdalé me disait: ” quand j’étais très jeune, que je gardais les vaches au-dessus des étangs de Kerdalé, les paysans, pour évacuer l’eau de l’hiver, faisait une tranchée dans la dune” . Et sans doute faisait-il un gué pour passer. Tout autour de l’étang de Kerdalé, il existait plusieurs petites cales.