La baraque de Ruat

La baraque, c’est ainsi qu’on l’appelle, fait un peu partie du patrimoine. Elle a une histoire.

C’est une baraque française du type « 534.10 » et non pas une canadienne comme on le pensait. Elle vient de Lorient où elle a d’abord servi à reloger des familles pendant quelques années, à la suite des bombardements de la ville pendant la Deuxième Guerre mondiale. Dans le quartier de Soye à Ploemeur, il y en avait des centaines comme celle-ci, jusque dans les années 1970, le temps que se termine la reconstruction de la ville.

La baraque de Ruat (coll. Yvan Nerriec)

Récemment, l’association des Amis des baraques de Lorient a remonté deux exemplaires de ces habitations : une française type « 534.10 » et une américaine. On peut les visiter dans le cadre des Journées européennes du patrimoine.

Il existait plusieurs types de baraques : les françaises, les plus répandues, les américaines, les plus recherchées parce que plus confortables, les canadiennes et les suédoises moins courantes.
La nôtre est à Ruat depuis 1953. Après avoir été démontée, elle a été vendue et acquise par madame Cadiou Pascaline. Enfin, elle a été remontée à l’endroit où elle est maintenant. Cette maison préfabriquée est louée pendant l’été depuis de nombreuses années.

Exposée plein sud, la maison était entièrement en bois. Les murs extérieurs ont été recouverts de plaques en fibrociment peintes en blanc. Les volets ont été peints en rouge basque. À noter que l’habitation n’avait ni isolation ni chauffage. Dans la cuisine, il y avait un fourneau à charbon pour chauffer un peu la maison et cuire les aliments. La maison de plain-pied est constituée de quatre pièces identiques, une chambre à chaque extrémité. La cuisine est au milieu jouxtant une pièce qui servait de salle à manger du temps de mes grands-parents. Comme élément de confort, mes grands-parents avaient installé un petit cabinet de toilette dans l’entrée avec douche et petit lavabo. La douche était alimentée en eau par une motopompe électrique qui remontait l’eau du puits du voisin « Tonton Lorz ». Les cabinets étaient à l’extérieur, l’eau de ville est arrivée tardivement, vers la fin des années 1960.

Un habitat provisoire…

Le ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme (MRU) est créé en novembre 1944. Le manque de loge­ments touche toute la population. À Lorient, détruite à quatre-vingts pour cent, les premières baraques sont sommairement montées : bois, papier goudronné en toiture, sans eau et sans électricité pour la plupart. Elles sont destinées à loger les ouvriers engagés dans la reconstruction de la ville, puis ces baraques intègrent un minimum de confort.

En 1947, trois mille cinq cents baraques de tous types sont installées dans vingt-huit cités à Lorient et dans les communes limitrophes, elles abritent quinze mille personnes. Ces habitations proviennent de différents pays, États-Unis, Canada, Suisse, France…

En 1966, près de huit mille personnes y logent encore, parfois dans la promiscuité et l’insalubrité. Les travaux de reconstruction de la ville de Lorient dureront près de trente ans.

En 1971, il ne reste plus que 153 personnes dans les baraques lorientaises. Les derniers résidents quittent les cités « provisoires » à la fin des années 1980.

La ville de Lorient conserve un exemplaire de ces baraques montées à la hâte après la Deuxième Guerre mondiale ; ce lieu de mémoire se situe dans le quartier du Rouho. À Ploemeur, le site de Soye conserve trois baraques préfabriquées protégées au titre des Monu­ments historiques.

Sources : les sites internet
enenvor.fr
lorientplus.com
https://soye37.wixsite.com/memoiredesoye

Le quartier du polygone à Lorient